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Les Arbres de chez nous et leur symbolique dans la bible
Le microclimat de Saint jean le Thomas permet le développement de nombreuses variétés d'arbres, y compris des espèces exotiques comme le mimosa, le palmier, le magnolia et bien d'autres.
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Le pommier de Bouillon est célèbre dans la région de Jullouville. Il a curieusement poussé sur le flanc du clocher à bâtière de l’église. Non seulement il trouve entre les pierres et dans les airs de quoi assurer sa croissance mais il donne des fleurs et des fruits.
Le pommier de Bouillon, recherchant les hauteurs, est d’accord avec Dante quand il dit joliment que l’arbre vit de sa cime. Aux allures de bonzaï, il s’adapte visiblement au milieu naturel moins nourrissant que les prairies du bocage, avec un âge respectable, sans doute plus de 150 ans.
L’étonnante aventure du pépin déposé mystérieusement entre deux pierres du clocher de Bouillon évoque la parabole évangélique de la foi grosse comme une graine de moutarde, capable de précipiter les montagnes dans la mer…et de faire pousser un arbre sur le mur d’un clocher !
Les mimosas. très nombreux à Saint Jean font la publicité pour le climat maritime et doux de la région. Cet arbre d’or de février appartient à la famille de l’acacia; c'est le bois de l’arche d’alliance, selon la Bible.
L’if , à cause de sa très grande longévité est le symbole de l'immortalité.
Saint Jean possédait, à côté de l'église, un if millénaire. Malheureusement il s'est écroulé un dimanche bouchant la porte d'entrée de l'église. Il a fallu le débiter en catastrophe, d'où un concert de tronçonneuses au grand dam des habitants du quartier fort contrariés d'être réveillés de si bon matin!
Le cyprès de St Michel-des-Loups demande à être approché pour faire apprécier l’ampleur de son tronc dissimulé par une généreuse verdure.
En même temps que les arbres, il faut parler des croix qui exaltent l’arbre de vie.
Le crucifix de Bouillon du 16ème est un chef d’œuvre.
La Croix Paqueray de Carolles est plantée dans les réalités de la mort et de la vie. La croix de granit a remplacée la croix de bois érigée en 1815 au lendemain des guerres napoléoniennes, à la mémoire des trop nombreux carollais ayant servi de chair à canon. La Croix Paqueray est devenue rapidement lieu de rendez-vous et de divertissement pour les garçons et filles de la région.
On peut raconter le Bible à partir de nos amis les arbres.
L’arbre de la connaissance est au cœur du jardin de l’Eden. Avec l’arbre, s’humanisent le désir, la question du Bien et du Mal et les interdits protecteurs. Autour de lui, le couple se forme, se déchire et reprend son histoire. La relation de l’homme à Dieu se joue, se risque, tout près de l’arbre. Il est dès le départ un signe de salut.
L’évangéliste Jean se souviendra de cet arbre des commencements, en achevant le récit de la Passion de Jésus dans un jardin. « A l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et dans ce jardin un tombeau tout neuf. » Jn 19,42 . Jean identifie l’arbre de la croix comme l’arbre du Nouvel Eden. Le récit johannique a inspiré toute la tradition chrétienne qui se plaît à parler de la croix de Jésus comme arbre de vie du Paradis.
Le chêne de Mambré, au livre de la Genèse, parle de l’hospitalité d’Abraham. Nous en aimerons encore plus nos chênes centenaires.
L’olivier, un des arbres les plus cités dans la Bible, est associé au bonheur de la vie familiale et à l’obligation de partage avec l’émigré, la veuve et l’orphelin. Dans les micro climats privilégiés de la Manche, où l’olivier s’épanouit aussi, mais ce n’est pas demain qu’on pourra gauler les olives.
Le prophète Isaïe, lui, voit le Paradis dans des espaces inhospitaliers, avec des arbres qui aiment la proximité de l’eau. Il faut des visionnaires . « Je mettrai dans le désert le cèdre, l’acacia, le myrte et l’olivier ; j’introduirai dans la steppe le cyprès, l’orme et le buis ensemble » dit Dieu…et il fera.
Le figuier a donné à Jésus un sujet de paraboles provocatrices à l’urgence de se convertir et à la patience..
L’amoureux du Cantique des Cantiques poétise avec les palmiers largement répandus dans le département de la Manche : Ta stature que voici est comparable à un palmier et tes seins à ses grappes.
Le cèdre du Liban, majestueux, a inspiré à Ezéchiel (chap 17) une belle parabole sur l’arbre fier et l’élévation des humbles.
L’érable sycomore de nos régions rappellera Zachée le voyeur invité à descendre au ras du sol pour une rencontre fructueuse.
Les aulnes et les saules pleureurs de chez nous feront penser aux exilés de Babylone, à qui il ne restait plus que l’honneur et qui accrochaient leur harpes aux saules du bord du fleuve, dans un noble refus de chanter pour leurs geôliers.
L’arbre de Jonas
Le messager d’espoir dépêché par Dieu dans l’aridité de la mission n’est ni un séquoia, ni un beau sapin ni un baobab, tout juste une misérable plante de ricin que Dieu envoie à Jonas, comme donneur d’ombre, pour adoucir les aigreurs du prophète râleur. Avec l’arbre minuscule de Jonas, tous les arbres, du plus petit jusqu’au plus grand, inscrivent le mot miséricorde dans la nature. A la dureté implacable du soleil, répond l’ombre des arbres et leur pitié. Grâce au plus petit d’entre eux, on peut dire que Dieu est comme un arbre, par un bel après-midi d’été.
Le vieil arbre de Jessé et son rameau portent tellement d’espérance qu’ils sont largement repris dans l’iconographie des églises, en particulier dans le beau vitrail de Notre-Dame du Touchet.
Les arbres sont indispensables à l’homme. Alors le psaume 1 fait chanter depuis des siècles et pour très longtemps encore : « L’homme heureux est comme un arbre planté près d’un cours d’eau. » Ps 1
Eloge de la Sagesse, éloge de l’arbre
" J’ai grandi comme un cèdre du Liban
et comme un cyprès sur les hauteurs de l’Hermon.
J’ai grandi comme un palmier d’Ein Guédi,
Comme des plants de laurier rose à Jéricho.
Comme un bel olivier dans la plaine,
Et comme un platane j’ai grandi…
Comme un térébinthe, j’ai déployé mes rameaux,
Et mes rameaux sont plein de grâce et de majesté."
Sg 24, 12
Bel hommage à nos arbres à nous et à ceux de la terre de Jésus.
L’arbre de la croix
Il est l’image préférée de l’évangéliste Jean qui relit la Passion de Jésus à la manière d’une Création Nouvelle. L’arbre de la Croix s’élève au milieu du Paradis comme l’arbre de vie était au milieu du jardin d’Eden. Avec le temps de Pâques, les belles croix des églises et carrefours s’offrent comme des arbres à fruits, au goût de salut pour ceux qui acceptent de revenir de loin, de très loin.
Sources et racines.
On dit que l’homme d’aujourd’hui est souvent à la recherche de ses racines, comme pour asseoir sa position dans une existence instable et une société mouvante. Les églises, les croix, les traces historiques de plusieurs siècles de chrétienté y contribuent, mais elles offrent encore mieux par le mystère de Pâques : des sources et fontaines d’amour qui font vivre les racines et l’arbre tout entier et les humains ne sont-ils pas des grands et petits arbres ?
Louis Malle
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